L’encadreur

                                                                                             gogo      Après 20 ans en tant qu’ergothérapeute à l’hôpital auprès de personnes souffrant d’atteintes neurologiques, Godeleine Bensmaïl curieuse de découvrir de nouvelles techniques artisanales, s’initie et se passionne pour l’encadrement d’art, parfait équilibre entre l’harmonie des couleurs, la précision du geste, l’histoire de l’art et la décoration.
Elle suit ainsi une formation diplômante de deux ans chez une professionnelle de l’encadrement afin de maîtriser l’ensemble des techniques, des plus traditionnelles aux plus modernes. En parallèle, elle suit une formation sur la conservation des œuvres graphiques. Après l’obtention
 de son CAP d’encadrement d’art, elle crée son propre atelier             « L’Ecoinçon » à Sèvres et met ainsi son savoir-faire au service d’une clientèle diversifiée de particuliers et de professionnels.    

 

A Savoir….

Les siècles passés nous ont laissé d’innombrables documents se présentant sous de multiples formes : papyrus, parchemins, papiers, toiles, panneaux de bois peints, miniatures sur ivoire ou objets divers, cassés, pouvant être encadrés. La conservation du patrimoine nous oblige à appliquer des techniques réversibles et inoffensives pour le document, sans pour cela faire abstraction de la partie esthétique. L’élément le plus visible d’un encadrement est la partie décorative, celle qui flatte l’œil et que nous, nous prenons plaisir à réaliser. Elle n’a que peu d’importance comparée à la conservation de l’œuvre, néanmoins, elle nous aide à dissimuler les outrages du temps ou les dégradations irrémédiables.

L’art d’encadrer ne se limite pas aux contraintes techniques liées à la nature des documents. La fragilité du support, le jaunissement, les déchirures, les trous de vers, les marges manquantes, l’effacement du dessin, etc. sont autant d’éléments que nous évaluerons initialement, mais qui ne constituent pas l’intégralité du travail d’encadrement

La créativité nous invite à choisir des thèmes décoratifs relatifs au sujet en utilisant les émotions qu’il nous inspire. Il est plus facile de dissocier le support papier, pour lequel nous aurons recours à la technique, de l’émotion qu’il suscite et pour laquelle notre imaginaire doit définir un environnement qui valorise le document.

En ce qui concerne les documents de grande valeur, la sobriété est souvent de mise et elle doit être accompagnée d’une technique parfaite : un lavis classique de couleur douce sied mieux à une gravure ancienne qu’un lavis fantaisie sophistiqué aux couleurs plus soutenues. Néanmoins, une reproduction peut supporter ce genre d’interprétation avec un brin de fantaisie.

L’encadrement ne possède pas de règles précises en matière décorative. Il est simplement nécessaire de respecter en priorité l’esprit du document, puis l’harmonie des formes et enfin celle des couleurs.